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Micro-entreprise à la retraite : comprendre ses charges et ses impôts

Bonjour, c'est Jean.phi. Beaucoup d'entre nous, une fois à la retraite, ont envie de garder une activité : donner des cours, réparer, coudre, conseiller, vendre quelques créations en ligne. La micro-entreprise est souvent le statut le plus simple pour se lancer… mais une question revient toujours : « Combien vais-je payer, et quand ? »

Voici l'essentiel, expliqué simplement, avec les chiffres publiés par l'Urssaf et l'administration fiscale. Ce sont des informations générales, pas un conseil personnalisé : les taux et les seuils évoluent, et chaque situation est différente.

Jean-Philippe, en veste bleu marine, assis sur un canapé devant son ordinateur, explique un projet d'activité à la retraite

Peut-on être retraité et micro-entrepreneur ?

Oui. C'est ce qu'on appelle le cumul emploi-retraite. Votre pension continue d'être versée, et vos revenus d'activité s'y ajoutent. Deux cas existent :

  • le cumul libéralisé : si vous avez atteint l'âge légal, obtenu le taux plein et fait liquider toutes vos retraites, vos revenus d'activité ne sont pas plafonnés ;
  • le cumul plafonné : sinon, vos revenus sont limités, et un dépassement peut réduire votre pension.

Dans tous les cas, prévenez par écrit votre caisse de retraite (Cnav ou Carsat) dans le mois qui suit le début de votre activité. Une réforme récente modifie les règles du cumul pour les futurs départs à la retraite : vérifiez votre situation sur info-retraite.fr ou auprès de votre caisse.

Le principe : un pourcentage de ce que vous encaissez

En micro-entreprise, vos cotisations sociales sont un pourcentage de votre chiffre d'affaires réellement encaissé. Vos dépenses ne sont pas déduites. Et selon l'Urssaf : « 0 € encaissé = 0 € à payer ». Si vous n'avez rien encaissé, vous ne payez rien, mais vous devez quand même déclarer « 0 ».

Les taux publiés par l'Urssaf sont les suivants :

  • vente de marchandises (boutique, revente) : 12,3 % ;
  • prestations de services commerciales ou artisanales (réparation, couture, petits travaux) : 21,2 % ;
  • autres prestations de services, profession libérale non réglementée (conseil, cours, rédaction) : 25,6 % ;
  • profession libérale réglementée relevant de la Cipav : 23,2 %.

S'y ajoute une petite contribution à la formation professionnelle, de 0,1 % à 0,3 % selon l'activité. Exemple : pour 1 000 € encaissés en vente de marchandises, les cotisations sont de 123 €.

Les plafonds de chiffre d'affaires

Pour rester en micro-entreprise, votre chiffre d'affaires annuel hors taxes ne doit pas dépasser, selon l'Urssaf :

  • 203 100 € pour la vente de marchandises ;
  • 83 600 € pour les prestations de services.

La première année, ces plafonds sont calculés au prorata de votre durée d'activité. Le régime ne s'arrête qu'après un dépassement deux années de suite.

Déclarer chaque mois ou chaque trimestre

Vous déclarez votre chiffre d'affaires, au rythme choisi, sur autoentrepreneur.urssaf.fr ou dans l'application Urssaf. Les cotisations sont calculées et prélevées dans la foulée. Gardez aussi un registre de vos recettes : c'est une obligation du régime.

Jean-Philippe, en veste bleu marine, déclare son chiffre d'affaires sur son ordinateur portable

L'impôt sur le revenu : deux possibilités

Par défaut, votre chiffre d'affaires s'ajoute aux autres revenus de votre foyer, dont votre pension, après un abattement forfaitaire pour frais :

  • 71 % pour la vente de marchandises (29 % du chiffre d'affaires est imposable) ;
  • 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales ;
  • 34 % pour les professions libérales.

L'abattement ne peut pas être inférieur à 305 €. Vous déclarez ce chiffre d'affaires chaque printemps sur la déclaration complémentaire n° 2042-C Pro.

Sur option, le versement libératoire vous permet de payer l'impôt en même temps que vos cotisations : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services commerciaux ou artisanaux, 2,2 % pour les professions libérales. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond fixé chaque année. Attention : si votre foyer n'est pas imposable, cette option peut vous coûter plus cher. Comparez avec le simulateur d'impots.gouv.fr avant de choisir.

La TVA : souvent pas de TVA à facturer

Tant que votre chiffre d'affaires reste sous certains seuils, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA et vous ne récupérez pas celle de vos achats. À la date de rédaction, ces seuils sont de 85 000 € pour le commerce et de 37 500 € pour les prestations de services, avec une tolérance jusqu'à un seuil majoré. Sur vos factures, indiquez la mention prévue (« TVA non applicable, art. 293 B du CGI ») et vérifiez sa formulation à jour sur impots.gouv.fr.

La CFE, une taxe locale

La cotisation foncière des entreprises est due par la plupart des micro-entrepreneurs, même sans local. Bonne nouvelle : elle n'est pas due l'année de création, et vous en êtes exonéré si votre chiffre d'affaires ne dépasse pas 5 000 €. Son montant dépend de votre commune. Pensez à déposer le formulaire n° 1447-C-SD avant le 31 décembre de votre année de création.

Un exemple pour s'y retrouver (cas fictif)

Monique est un personnage inventé pour illustrer ces règles. Retraitée, elle propose des retouches de couture (prestation artisanale) et encaisse 12 000 € sur l'année :

  • cotisations sociales : 12 000 € × 21,2 % = 2 544 € ;
  • formation professionnelle : 12 000 € × 0,3 % = 36 € ;
  • impôt : soit 6 000 € (la moitié) s'ajoutent à sa pension dans le revenu du foyer, soit, avec le versement libératoire, 12 000 € × 1,7 % = 204 €.

Elle compare les deux options avec le simulateur officiel et met de côté une part de chaque encaissement. Ces chiffres sont illustratifs, hors CFE : ce n'est pas une promesse de revenu.

Jean-Philippe, en veste bleu marine, relit une feuille de calcul à son bureau, une calculatrice à portée de main

Les erreurs à éviter

  • Oublier la déclaration à zéro quand on n'a rien encaissé.
  • Confondre chiffre d'affaires et bénéfice : les cotisations portent sur ce que vous encaissez.
  • Oublier de prévenir sa caisse de retraite.
  • Choisir le versement libératoire sans comparer.
  • Oublier la CFE et son formulaire de création.

Les sources officielles à garder

  • autoentrepreneur.urssaf.fr et urssaf.fr : taux de cotisations, plafonds, déclarations ;
  • impots.gouv.fr : impôt, versement libératoire, TVA, CFE ;
  • entreprendre.service-public.gouv.fr : fiches pratiques du micro-entrepreneur ;
  • info-retraite.fr : cumul emploi-retraite.

Un guide pour aller plus loin

J'ai réuni ces règles dans le guide « Micro-Entrepreneur : Comprendre ses Charges et ses Impôts » : 15 pages sur les plafonds, les cotisations, la déclaration à l'Urssaf, l'impôt et le versement libératoire, la TVA, la CFE, le cumul avec la retraite, un calendrier type et un exemple chiffré fictif. Retrouvez-le sur la page Finance.

Bon à savoir

Cet article donne des informations générales, pas un conseil personnalisé, et ne promet aucun revenu. Les taux et seuils évoluent : vérifiez-les toujours sur les sites officiels, et demandez conseil à un expert-comptable, à l'Urssaf ou à votre service des impôts des entreprises pour votre situation. Ces services répondent gratuitement.

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